FLOTLOG : lancement ?

© Marine nationale. Depuis son appareillage de Brest le 16 août dernier, le Bâtiment de Commandement et de Ravitaillement (BCR) Somme, déployé dans le cadre de la fonction stratégique « connaissance et anticipation », a participé à deux entraînements opérationnels majeurs, « Northern Coast » et « Joint Warrior », qui ont réuni au total près de 65 unités de 17 nationalités différentes. Une fois n’est pas coutume, la Somme (157 mètres, 18 000 tonnes) s'est ravitaillé lui-même près d'un autre pétrolier-ravitailleur en la personne de l’USNS Medgar Evers (210 mètres, 43 000 tonnes).

© Marine nationale. Depuis son appareillage de Brest le 16 août dernier, le Bâtiment de Commandement et de Ravitaillement (BCR) Somme, déployé dans le cadre de la fonction stratégique « connaissance et anticipation », a participé à deux entraînements opérationnels majeurs, « Northern Coast » et « Joint Warrior », qui ont réuni au total près de 65 unités de 17 nationalités différentes. Une fois n’est pas coutume, la Somme (157 mètres, 18 000 tonnes) s’est ravitaillé lui-même près d’un autre pétrolier-ravitailleur en la personne de l’USNS Medgar Evers (210 mètres, 43 000 tonnes).

Si aucune communication officielle ne sanctionne la chose, force est de constater que le ton de l’Amiral Prazuck – Chef d’État-Major de la Marine – est plutôt affirmatif et précis quand au choix des plans du futur FLOTLOG. Il semblerait qu’il ne manque plus que l’ordre de mise en chantier, permettant – enfin – de remplacer les Bâtiment de Commandement et de Ravitaillement (BCR) du type Durance (5) dont ils sont la « sous-classe BCR » (4) à partir de la Meuse. La Somme atteste bien de l’usure des années…

L’actualisation de la Loi de Programmation Militaire (2015) prenait deux décisions quant au format de la flotte logistique de la Marine nationale. La première confirmait (pp. 36, 72) que d’ici à 2019 le format logistique de la Marine nationale demeurerait bloqué à trois BCR (la Meuse sera bientôt retiré du service cette année). La deuxième était que « La flotte logistique Flotlog destinée à remplacer les actuels pétroliers ravitailleurs polyvalents et autres bâtiments de soutien comportera 3 unités, dont la première sera commandée en fin de période. » (p. 72) Réduisant la cible du programme FLOTLOG à trois unités (p. 79)

Revirement à l’été 2017 car une partie des crédits votés et rectifiés du budget de la Défense – soit 32,4 milliards d’euros – est supprimée. Si les tractations budgétaires ne semblent toujours pas arrêtées – la décision initiale de geler une partie des crédits est datée du mois de mai 2017… -, il faudrait comprendre que l’accélération du programme FLOTLOG, décidée en 2015 lors de l’actualisation, est abandonnée afin de lisser la charge financière du ministère de la Défense nationale.

Nouveau revirement quand Fincantieri, dans le cadre de ses longues tractations avec les industriels français – tant pour le rachat de STX Saint-Nazaire que pour une « coopération accrue » avec DCNS/Naval group – annonçait lors de la mise à l’eau de la moitié avant du Vulcano – le 18 avril 2017 – que la France aurait officiellement demandé de coopérer avec l’Italie à travers l’OCCAR pour la construction de trois bâtiments-logistiques sur la base du Vulcano.

La déclaration ne souffre ni de contestations, ni même d’un démenti. Et, bien au contraire, la DGA missionne même Naval group, au début du mois de septembre 2017, afin d’étudier une version française du Vulcano afin qu’elle puisse correspondre aux besoins arrêtés par le programme FLOTLOG. En conséquence de quoi l’Amiral Prazuck déclarait lors de son audition devant la commission Défense nationale et forces armées de l’Assemblée nationale le 11 octobre 2017 que « le repreneur de STX, l’Italien Fincantieri, a d’ailleurs établi les plans d’un pétrolier ravitailleur pour la marine italienne, plans qui nous conviennent à 98 % ; la marine nationale s’est donc rapprochée de Fincantieri pour étudier les possibilités de partenariat franco-italien en la matière. »

Le lancement du programme semble être promis à être sanctionné par la future LPM (traditionnellement de six années et suivant immédiatement la précédente (2020-2025) ou bien portée à sept années en amputant d’une année la précédente (2019-2025) ?). Le CEMM déclarait même, lors de la même audition, que « nos pétroliers-ravitailleurs seront d’ailleurs bientôt conçus avec les Italiens. » Bien que l’Amiral Prazuck précisé ailleurs que « dans mon intervention, j’ai essayé d’esquisser quelques axes de réflexion, que je vous soumets en vue de vos travaux préparatoires à la prochaine loi de programmation militaire ». Ces axes étant BATSIMAR et FLOTLOG, le contraste est saisissant entre l’affirmation précédente et cette précaution oratoire. Il flotte une certaine tranquillité quant à l’idée que FLOTLOG sera lancé.

L’Amiral Prazuck replace immédiatement après dans le débat que les pétroliers-ravitailleurs de la classe Durance ne possèdent qu’une coque simple quand les pétroliers à double-coque sont devenus obligatoire dans les flottes civiles. S’il ne dit pas si la flotte logistique de la Marine nationale est sous le coup de quelques interdictions de navigation potentielles en raison d’un non-respect des normes maritimes, l’idée est pourtant bien suggérée.

Ce qui nous amène à la question de la cible du programme. »Concernant mes préoccupations […] Premièrement il s’agit de combler les ruptures capacitaires actuelles, notamment outre-mer, en matière de patrouilleurs, d’hélicoptères légers, de pétroliers. » D’un seul coup, la réduction du format logistique à seulement trois BCR en 2015 est qualifiée de « rupture capacitaire », laissant entendre que le format viable quant à la réalisation des missions est bien de quatre unités.

Dans cette perspective, rappelons que la flotte logistique est tombée à seulement trois unités, soit 54 000 tonnes quand elle culminait à la fin des années 1990 à cinq classe Durance, un BAP Jules Verne et cinq BSM de classe Loire, soit près de 112 000 tonnes.

La relative proximité des qualités nautiques et opérationnelles intrinsèques entre le Vulcano (192 mètres, 25 000 tonnes) et les Durance (157 mètres, 18 000 tonnes) explique, peut être, fort bien pourquoi les plans italiens conviennent à 98% aux besoins de la Marine nationale. À ceci près que c’est se fermer la porte à pouvoir user de ces bâtiments comme transport de troupes et matériels en soutien à un groupe amphibie. Par contre, les Vulcano auraient quelques capacités pour servir comme navire-atelier, chose qui semblait recherchée à travers le concept BRAVE. Depuis le retrait des BAP et BSM, la réduction opérationnelle est franche en ce domaine.

La version du concept BRAVE (DCNS/STX) régulièrement avancée dans la presse déplaçait 30 à 40 000 tonnes contre 25 000 pour le Vulcano. S’il n’est pas question de vouloir toujours mieux puisque c’est l’ennemi du bien, il semblerait que choix sont effectués afin de dégager quelques marges manœuvres budgétaires sur trois programmes considérés comme prioritaires afin de relancer un programme stratégique.

Par exemple, là où le budget devant être alloué aux FLOTLOG devait être de 2 milliards d’euros (La Tribune), le Vulcano à 346 millions d’euros permettrait de limiter l’enveloppe finale à un maximum de 1384 millions. Sans compter un désirable effet de série puisque le navire italien est le seul représentant de sa classe. Une construction des FLOTLOG à l’étranger aurait pu pousser encore plus loin les gains puisque les quatre Tide (201 mètres, 37 000 tonnes) nécessiteront seulement une enveloppe de 530 millions d’euros. À la remarque près que le programme FLOTLOG est l’un des rares arguments pour orienter les débats industriels franco-italiens.

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