Il faut des corvettes ASM pour la Marine nationale

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© Rama.

Ils sont des constats partagés : d’une part, la menace sous-marine mondiale n’a de cesse de croître, et les patrouilles sous-marines inamicales au large de Brest, foyer de la dissuasion nucléaire française, ne cessent pas ; et d’autre part, les conflits et zones de tension amenant à un déploiement des forces navales françaises.

Les FREMM (FREgates Multi-Missions), frégates « croiseurisées » (car aptes à agir dans tous les spectres d’opération : sur la mer, sous la mer, contre les airs et contre la terre), seront mises à rude épreuve pour pouvoir accomplir toutes les missions qui leur seront confiées après le retrait, dans moins d’une décennie, des frégates Anti-Sous-Marines (ASM) de type F70.

Partant du principe de l’économie des dépenses, l’auteur de ces lignes en arrive à la conclusion que des navires spécialisés ont leur utilité lorsque les missions sont récurrentes et que les autres navires sont surchargés dans leurs missions variées.

Des navires spécialisés sont moins coûteux à l’achat, à l’emploi et à l’entretien. Dans ma conception, un navire polyvalent c’est aussi un navire qui balade un tas d’équipements qui servent rarement, en tout cas jamais simultanément. Donc c’était du gaspillage car une partie de l’équipage voyage sans servir à rien, et le matériel à bord non employé est simplement de l’argent immobilisé. Par exemple, une FREMM qui assure des missions ASM au large de Brest, c’est un canon, un radar de veille air et des missiles qui ne servent à rien. Ce sont des actifs immobilisés qui ont un coût d’entretien, sans compter une fraction de l’équipage qui est frustré de ne pas être utile.

Ce que je propose, c’est de concentrer les croiseurs (donc en France, les FREMM) sur les OPEX (OPérations EXtérieures), et avoir d’autres navires spécialisés pour les missions simples et récurrentes.

Le besoin ASM est le plus pressant. Plutôt que des FTI (Frégate de Taille Intermédiaire) qui seront des FREMM en réduction, aptes à tout mais bonnes à rien, ne faudrait-il pas plutôt se procurer des navires à mission unique et particulièrement efficace dans un seul domaine : la lutte sous la mer ?

Ces navires seraient employés soit au large de Brest, pour l’escorte des SNLE, soit dans le cadre d’une force en tant qu’escorte d’un HVU (High Value Unit). Ils n’ont donc pas besoin du système de défense complet multi-spectre, car, dans le premier cas il n’y a pas de menace air et la couverture aérienne depuis la côte, et dans le second cas il y aura le parapluie de la force navale. De ce présupposé des menaces rencontrées en découle le principe de conception proposé du navire :

Cela donnera, une fois passé sur la planche de l’architecte, une coque forcément plus petite que la FREMM, puisque nettement moins de matériel sont embarqués :

  • une suite sonar performante. La même que FREMM par exemple. des tubes-lance-torpille pour pouvoir traiter la menace ASM identifiée.
  • Un canon minimaliste pour l’auto-défense de surface. Un canon de 76mm, voire moins.
  • Un radar de veille air anémique, voire rien du tout de spécifique. Ce qui supprimera au passage les contraintes sur les masses dans les hauts qui imposent la largeur du navire.
  • Un système d’auto-défense air (très) courte portée, adapté aux menaces installées en préambule.

Avec ces éléments, le navire est plus simple dans ses systèmes d’armes, et mono-mission. Cela veut dire également un équipage amputé des composantes devenues inutiles. Sans aller dans les extrêmes d’optimisation de FREMM, l’auteur de ces lignes pense que l’ont peut atteindre un noyau d’équipage de 60 à 70 personnes. Le navire proposé a une panel de missions peu variées, ce qui entraîne donc un équipage qui est plus rapidement efficace puisque requérant moins d’entraînement (il convient de ne pas diminuer le standard de qualité, mais celui de la quantité des différents entraînements pour être aptes à mettre en œuvre chacun des systèmes d’arme d’un navire), et par conséquent, il en découle que la corvette ASM, par rapport à un FTI-mini-croiseur sera plus souvent disponible pour des missions et nécessitera moins de temps pour de l’entraînement individuel et collectif de l’équipage.

En ce qui concerne la propulsion, il conviendra de d’abord définir le profil d’emploi des navires avec précision, et de se prononcer ensuite. Il me semble particulièrement malvenu de décider unilatéralement et a priori d’un élément technique dont le coût de possession dépend énormément du profil d’emploi.

Théophile Delcassé

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