2021, le croiseur Alsace

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© DCNS. La proposition de DCNS (fondée sur la FREMM-ER) à la Marine Royale Canadienne pour remplacer les frégates et destroyers des classes City et Tribal.

La FREMM (FREgate Multi-Missions) de DA (Défense Aérienne) repose sur un postulat financier mais également industriel qui perd de sa substance à l’approche du lancement officiel de la Frégate de Taille Intermédiaire (FTI). Les choix arrêtés en faveur de cette dernière plaident fortement pour reconsidérer ceux définissant les deux dernières FREMM appelés à devenir des croiseurs.

L’annulation des frégates n° 3 et 4 de la partie française programme franco-italien Horizon (dont le système d’arme est développé à partir du programme trilatéral PAAMS) trouve sa source dans le coût important du programme : 2,7 milliards d’euros toutes études comprises pour un coût unitaire de production de l’ordre de 950 millions d’euros la frégate (selon la Cour des comptes qui chiffrait une FREMM à 710 millions (avec contrat de MCO) en 2010 et non pas 500 millions).

Cette situation obligeait l’EMM de considérer une alternative. Faute d’atteindre le format de quatre frégates de défense aérienne, la Royale ne pourra tenir toutes les missions exigées dans le contrat opérationnel avec les seules frégates Forbin (2010) et Chevalier Paul (2011). Un allongement de la cible du programme FREMM est alors décidé avec deux unités de défense aérienne en sus des 17 puis 9 et finalement 6 frégates de la seule version ASM, survivante de deux livres blancs.

Depuis 2012, au moins, ces deux unités sont attendues pour entrer en service en 2021 et 2022. L’avant-projet est alors nommé FREDA (FREMM de Défense Aérienne). Deux options coexistent en 2013 :

  • La première voit une occasion pour les industriels de revenir sur la mâture unique abandonnée en 2002 et de l’équiper d’un radar à faces planes, le Sea Fire 500 de Thales, à développer. La FREMM-ER (Extended Range) se dévoile depuis 2012 et est proposée à l’exportation.
  • La deuxième, plus pragmatique, consiste dans un accroissement de la portée du radar, déjà existant, Herakles (d’environ 250 km de portée) pour le hisser au niveau des senseurs d’une frégate de défense aérienne comme le Forbin (plutôt de l’ordre des 5 à 600 km de portée).
  • Aussi, la question de l’ensilage du MdCN sur les FREDA invitent toutes les parties à considérer le lanceur Sylver A70 pouvant tirer indifféremment des Aster 30 que des MdCN tandis que l’A50 tire toutes les munitions sauf cette dernière.

La deuxième solution (pour 160 millions d’euros de frais de développement supplémentaires) l’emporte car jusqu’en 2013 l’exercice financier pour a Défense nationale demeure contraint malgré l’actualisation de la LPM (2014-2019). La FREDA, face à l’impossibilité de la hisser au niveau de la classe Forbin, devient la FREMM de DA lors de l’actualisation. C’est-à-dire qu’il s’agit d’une frégate de classe Aquitaine, donc une frégate ASM, dont les capacités de défense aérienne seront étendues grâce au « dopage » du radar Herakles et l’embarquement de missiles Aster 30 (comme c’est annoncé pour les FREMM italiennes depuis 2012).

Toutefois, il n’est plus dit que les FREMM de DA puissent embarquer le MdCN (le Sylver A70 remplacera-t-il les 16 Sylver A43 et 16 Sylver A50 d’une Aquitaine ?). FREMM de DA qui demeurent « percées » à 32 missiles.

Le problème qu’il survient est que le salon Euronaval 2016 devrait voir le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian annonçait le lancement officiel de la Frégate de Taille Intermédiaire avec la première esquisse dévoilée. La nouvelle frégate de premier rang devrait conserver de bonnes capacités anti-sous-marines mais surtout porter le développement et l’intégration du radar à faces planes Sea Fire 500 sur une mâture unique.

Radar à faces planes qui était envisagé pour la FREDA. C’est pourquoi il y a lieu d’actualiser la proposition de 2013, c’est-à-dire de revenir la FREDA. Quel intérêt opérationnel ou industriel peut-il y avoir à développer une version augmentée de l’Herakels s’il ne figure plus au catalogue ? Aussi bien la FTI que la FREMM-ER n’arborent publiquement que le Sea Fire 500 !

Sur le plan opérationnel, les nombreux développements de missiles aérobies (lancés depuis sous-marins, navires de surface ou aéronefs) ou balistiques anti-navires plaident, en particulier dans le cadre de la lutte anti-sous-marine, à ne pas occulter de solides capacités de défense aérienne en ces deux facettes, et en particulier pour les zones de crises où sont appelées à intervenir l’ensemble des FREMM et FTI.

La première FTI devrait rejoindre la Flotte en 2023 sous réserve du respect du calendrier. En la matière, l’Aquitaine rejoignait la Marine nationale en 2012 pour n’être admise au service actif qu’en décembre 2015. Quoi de mieux pour éviter une mise au point qui s’annonce longue et difficile d’un nouveau radar dans une nouvelle mâture que de l’avancer aux deux FREMM de DA dès 2021 ? Ce serait peut-être une aubaine pour lisser l’exercice financier de la prochaine loi de programmation (2020-2025 ou 2018-2022).

L’un des arguments pour ne pas retenir le radar à faces planes pour la FREDA était l’absence d’un contrat à l’exportation afin de palier l’exercice financier contraint de la LPM. Quoi de mieux pour renforcer une proposition commerciale qu’un engagement ferme du vendeur à prendre sur lui toute ou partie des risques du développement (qui ne reposent pas sur la FREMM mais la FTI) ? D’assurer que ce produit est le meilleur qu’il ne possède pas encore ? Qu’il en fera profiter toute la « famille » ? Autant de prises de positions qui deviendront des arguments, par exemple, au Canada.

L’idée de « croiseuriser » les Aquitaine combinerait d’excellentes capacités ASM avec des capacités de DA qui s’annoncent d’assez bonne facture s’il fallait croire les promesses du radar à faces planes couplées aux développement du PAAMS à l’instar de l’Aster 30.

Les deux FREMM de DA constitueraient la pierre angulaire de la première refonte de toutes les Aquitaine, les suivantes bénéficiant de travaux pour recevoir la nouvelle mâture unique, les Herakles pouvant servir à des unités proposées à l’exportation.

Une harmonisation du senseur principal de la Flotte sur le radar à faces planes Sea Fire 500 assurerait des possibilités tactiques homogènes dans toutes les situations. L’une des leçons de la bataille de Tsushima était que l’harmonisation des classes et matériels étaient une des conditions de choix tactiques reproductibles par chaque division d’une armée navale.

En 2021, l’Alsace deviendrait le nouveau croiseur, capable de lutter dans tous les milieux, de la Marine nationale, un rang implicite jamais renouvelé depuis les deux Frégates Lance-Engins (FLE) Suffren (1er avril 1969 – 2 avril 2001) et Duquesne (1er avril 1970 – 2008).

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2 réflexions sur “2021, le croiseur Alsace

  1. Pingback: Fondation iFRAP:L’immense gâchis des frégates françaises-l’idiot inutile au lieu de commander un pédalo aurait du se prendre pour un commandant de frégate | actualitserlande

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