Le nouveau navire de ligne ?

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SNA Type 093G chinois.

L’année 2017 révèlerait une certaine accélération de l’Histoire car nous quittions 2016 avec une liste ne cessant de s’allonger de nations prétendant à la propulsion navale atomique. Au moins deux nouvelles nations viennent s’ajouter : l’Iran et le Pakistan. Dès lors, est-ce que le sous-marin à propulsion nucléaire devient, véritablement, le nouvel étalon de la puissance brute des flottes ?

Depuis la fin du conflit Est-Ouest (1947 – 1991), l’ensemble de l’Occident relâchait son effort militaire en général et en matière de lutte « aéro-sous-marine » (Amiral Barjot) en particulier. Le sous-marin, pourtant, poursuivait sa diffusion à travers le monde et il dépasse allègrement les 450 unités en service sur la planète. Les ambitions maintes fois constatées militent pour, au moins, une stabilité, voire une extension soutenue. Ce système d’arme demeure donc très abordable aussi bien à l’achat qu’à l’utilisation.

D’une certaine manière, le sous-marin n’est que la poursuite du cuirassé par d’autres moyens. Ce dernier bateau finissait par se composer d’un caisson blindé renfermant l’artillerie principale et les organes de propulsion et d’une coque hydrodynamique. Dans cette perspective, le caisson blindé est devenu la coque résistante du sous-marin enchâssée dans une coque hydrodynamique mieux adaptée à glisser sous l’eau que sur. Le porte-avions est un autre avatar, bien différent, du navire de ligne. Sauf que seul le vaisseaux noir entretient la logique du combat tournoyant, la torpille ayant remplacé le canon.

 

Le contexte géostratégique mondial plaide pour la diffusion continue du sous-marin. La constitution de complexes dits « A2AD » (Anti-Access and Area Denial) ouvre de larges perspectives aux moyens sous-marins toujours aussi peu sensibles portées toujours plus grandes des systèmes aérobies et balistiques. Réguliers sont les commentaires attestant que la présence rien que d’un seul sous-marin implique d’en tenir compte lors d’une intervention et change dès lors le dimensionnement de sa partie navale. Nous sommes dans un processus où la détention rien que d’une paire de sous-marins améliore grandement les capacités de la défense alors que l’amélioration des capacités sous-marines entretient les chances d’un outil offensif en matière d’entrée en premier sur un théâtre.

Sauf qu’il fallait habituellement distinguer deux rangs sous la mer : le premier pour les nations détentrices de la propulsion par le biais de l’atome et les autres en restant aux solutions traditionnelles (diesel-électrique) ou novatrice (turbine Walter, nouvelles propulsions indépendantes de l’air depuis). La différence fondamentale entre les deux est l’alliance de l’Ancien monde et du Nouveau monde, de la propulsion à voile et de la propulsion à vapeur : c’est-à-dire de la virtuelle totale liberté de mouvement grâce à l’atome loin de l’œil inquisiteur du fait aérien et de l’opinion publique.

Alors que seuls les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU détenaient le premier rang des forces sous-marines, ce prestige s’est depuis fort dilué. L’Inde louait et loue encore des SNA à l’URSS puis à la Russie et son premier sous-marin atomique national était admis au service actif en août 2016. Le Brésil devrait suivre lors de la prochaine décennie. L’Australie se pose la question presque de manière caricaturale quand le Canada était proche de franchir le pas dans les années 1980. Les Corée du Nord et Corée du Sud sont engagées dans une course sur le sujet. L’Iran fait connaître ses prétentions et le Pakistan trouverait du secours en Chine. Et le Japon ? N’en jetez plus ?

 

Une diffusion de la puissance maritime est à l’œuvre depuis l’apparition et la démocratisation du missile anti-navire et, maintenant, avec le nombre sans cesse toujours plus grande de forces sous-marines, dont celles détenant des navires propulsés à l’atome. Quid du rang des grandes marines ? Le choix le plus couramment adopté est de contrer cette relativisation de l’avantage conféré par le sous-marin atomique par le lancement de grandes unités aux qualités nautiques et militaires sans commune mesure avec celles des nations prétendant rejoindre ce club fermé. Le deuxième choix est le nombre toujours plus grand d’unités bien que nous ne soyons pas au niveau de l’accumulation des vaisseaux noirs de la Guerre froide.

La France conserve un train de retard avec les Suffren avant l’entrée en service de la première unité et qui ne seront que six. Comme si Paris en était à la situation de l’entre-deux-guerres (1919 – 1939) avec seulement une demi-douzaine de cuirassés dreadnought sans avoir les qualités des unités contemporaines. La solution pour aborder les risques et menaces identifiées (confirmés empiriquement) fut de participer à la course navale mondiale avec la fin des vacances navales. La France, après les tentatives d’avant la Première Guerre mondiale (1914 – 1918) tentait à nouveau d’obtenir un nombre conséquent de navires de lignes (lex-future classe nombre des Richelieu). Horizon indépassable ? La robotisation navale ne semble pas modifier cette logique.

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