LIVRE – « Je n’étais pas la bienvenue »

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Des livres sur le milieu des sous-marins, il y en a. Mais à l’image de bien des sous-mariniers, ils restent souvent dans le domaine technique et plutôt « taiseux » sur le reste. Milieu fermé, ils sont moins de 2000 en France, il n’apparait que peu sous l’angle humain et les derniers récits en la matière remontent presque tous à la seconde guerre mondiale. On ne fait pas une guerre silencieuse en le criant sur les toits…

Pourtant, il apparait parfois un éclairage souvent étonnant et qui permet de rendre justice à cette vie sous les mers. Au début de l’été 2014, la journaliste Nathalie Guibert, correspondante défense au Monde a pu embarquer un mois sur le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) « La Perle », tête de série de la classe « Rubis » [1]. Il en a résulté une série d’articles pour le journal qui a apporté une lumière crue sur la vie d’un équipage de SNA en mission.

Conférence donnée par le Comité Marine de l’ANAJ-IHEDN en décembre 2014, Nathalie Guibert y était invitée et y aborde son embarquement.

Deux ans plus tard c’est son « journal de bord » qui parait aux éditions Paulsen et retrace l’intégralité de son embarquement. Malgré le titre pouvant laisser entendre un rejet des sous-mariniers, la journaliste a pu réellement s’intégrer parmi eux pendant quelques semaines et faire ressortir un aperçu de ce que des années passées sous les océans ont eu comme impact sur l’équipage. D’aucuns reprocheront un aspect « verbeux » à ce court texte, c’est une erreur. Nathalie Guibert retranscrit excellemment les questionnements d’un enfermement dans un navire de guerre dissimulé aux yeux de tous, les moments de camaraderie, comment les marins font face, la dureté de cette carrière…
En moins de 200 pages, un large éventail du monde des équipages de sous-marins est balayé: mémoire des anciens disparus, l’appréhension du départ (et du retour), le rôle d’importance de « la cuisse » [2], les « oreilles d’or », comment tromper l’ennui, ou les « envies de meurtre » réfrénées pour conserver l’unité du bord.

Plus qu’un visage c’est aussi une voix qui est donnée à l’équipage de la « Perle », tous grades confondus. Sans critique, ni prosélytisme, la journaliste rend justice à des hommes choisissant l’une des voies les plus exigeantes dans la défense française en les restituant sans emphase. A ce titre et à bien d’autres, le livre devrait être lu part tout ceux voulant s’engager comme sous-marinier. Et pour les anciens, il leur donnera l’occasion de voir que finalement, même une terrienne peut les comprendre.

[1] Et bientôt retiré du service en prévision de l’arrivée du premier navire de la classe Suffren.

[2] Surnom donné au cuisinier du bord, bien souvent garant de la bonne ambiance à bord par son inventivité culinaire en mer!

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