FTI, la concentration brestoise

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© Thales. Le radar SeaFire 500 équipant une frégate de 6000 tonnes.

La dispersion des classes de frégates entre Brest et Toulon atteindrait un point culminant entre les années 2019 et 2030 où la première base navale pourrait être amenée à mettre en oeuvre trois classes de frégates tandis que la deuxième en connaîtrait trois et demie. Proposition pour une rationalisation de cette future situation dans la perspective d’organiser chacun des deux grands ports de la Marine autour d’une classe principale de frégates de premier rang.

L’arsenal de Brest devrait voir les héritiers du Groupe d’Action Sous-Marine (GASM) profondément transformé grâce à l’arrivée continue d’unités modernes :
  • Les Aquitaine et Provence (FREMM) débutaient leur service opérationnel avec comme port d’attache Brest respectivement en 2015 et 2016.
  • Les Bretagne et Normandie (FREMM) suivraient en 2018 et 2019.
  • Les deux premières FLF refondues ASM pourraient rejoindre les précédentes unités à hauteur des années 2019 et 2020.

La première FTI est programmée pour rejoindre la Flotte en 2023 sans qu’il soit dit si les bateaux de ce programme doivent rejoindre Brest. En ce qui concerne les besoins opérationnels locaux à la pointe Bretagne, deux FLF devraient remplacer une partie des avisos A69 oeuvrant au service de la FOST.

Du côté des besoins opérationnels généraux de la Royale, il s’agit de tenir le contrat opérationnel défini par le livre blanc en 2013 avec quinze frégates de premier rang et donc cinq FTI (en plus de deux Horizon et de huit FREMM). L’Amiral Rogel, et même ses prédécesseurs, insistait pour souligner le maintien puis l’accroissement de la menace sous-marine depuis 1991. Plus précisément, l’action d’une frégate solitaire en gestion de crise nécessite des capacités pour lutter sous et au-dessus de la surface. Capacités qui, logiquement, seront nécessaire dans le cadre de la constitution de groupes navals tel que le groupe amphibie et le GAn.

L’introduction dans la Flotte des FTI suivrait alors une logique incrémentale. Les cinq unités viendraient alors s’ajouter à chacune des FREMM déjà réceptionnées. Par exemple, dans le port de Brest, il s’agira alors de soutenir pas moins de trois classes de frégates de premier (FREMM et FTI) et deuxième rang (FLF) de 2023 à 2030. Toulon connaîtrait une situation plus diversifiée puisqu’il s’agirait de soutenir les Horizon, les FREMM, les FLF (s’ils en restent), les FREMM de DA et les FTI.

Le soutien des navires, la formation des équipages se retrouveraient éparpillés dans autant d’efforts différenciés pour marier navires et hommes dans la durée. L’EMM souhaitait programmer une parade à telle situation par la programmation d’une grande série de frégates, l’ancien programme FREMM à 19 puis 17, 11 et finalement 8 unités.

C’est pourquoi une concentration des FTI à Brest présenterait l’intérêt, après la sortie du service des FLF, de ne mettre en oeuvre qu’une seule classe de frégates pour la flotte du Ponant et deux classes et demie pour la flotte du Levant. Sensiblement, nous retrouverions la même répartition que dans la trajectoire actuelle mais le soutien et la formation seraient simplifié. Est-ce que cinq FTI peuvent faire le travail de quatre FREMM et deux FLF refondues ASM ?

Pour Toulon, ce choix présente de grands avantages dont le premier de concentrer l’ensemble des frégates ayant la plus grande aptitude à durer à la mer dans la base navale d’où partent les missions navales potentiellement les plus lointaines (groupe amphibie, mission Jeanne d’Arc et Gan, par exemple).

Reste à se demander si cette perspective pourrait influencer la définition des besoins dans le cadre du programme FTI. Eclairer la FOST nécessiterait plutôt des sonars remorqués CAPTAS 4 que 2 eu égard à la modernisation continue de toutes les forces sous-marines présentes tant au sein de l’Alliance Atlantique qu’au sein de la Fédération de Russie, sans oublier le devenir des forces sous-marines brésiliennes ou le futur de l’activité opérationnelle des sous-marins chinois.

Les capacités de défense aérienne demeureraient solides avec l’intégration du radar à faces planes SeaFire 500. Un panachage entre des Aster 30 pour la défense aérienne à longue portée et des VL-Mica pour celle à courte portée pourrait suffire pour investiguer les futures zones d’opération. L’Atlantique Nord et l’Arctique ne seront pas des zones absentes des problématiques A2/AD tout comme l’Atlantique Sud.

Aussi, un tel choix n’inviterait pas à déconsidérer l’intégration des MdCN eu égard à l’intérêt de disposer d’une telle capacité de frappe, par exemple, pour la mission Corymbe.

Toutes les FTI à Brest, toutes les FREMM à Toulon ?

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