BATSIMAR, BIS et BSAH, l’UT 527 et le golfe du Mexique

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La catastrophe du golf du Mexique n’est « que » la seconde du genre en moins d’un siècle. Une plateforme pétrolière avait déjà sombrée en 1976 entraînant un drame comparable. Nous avons tous assisté à la manière dont les Etats-Unis ont géré la crise et peut être aussi retenu qu’il y avait un manque de navires spécialisés dans la dépollution. Un manque de moyen donc dans un cadre géographique vaste ce qui implique la possibilité que ce genre de crise entraîne des conséquences internationales à l’image de la catastrophe du Prestige en 2002. Si les Antilles avaient été touché comment les européens auraient fait pour dépêcher le matériel sur place en urgence ?

Bien entendu la réponse existe, tout du moins, pour un futur plus ou moins lointain ! Il existe trois programmes pour la Marine Nationale visant à renouveller une grande partie des navires oeuvrant dans le cadre de la fonction garde-côtes. Le premier est le programme BATSIMAR qui doit permet de remplacer la majeure partie des patrouilleurs : P400, Floréal et autres. Bien entendu les Lafayette sont des frégates du premier rang dorénavant et elles attendront bien un programme pour les remplacer, pourquoi pas le programme de remplacement des avisos A69 ? Le BSAH est le nom du second programme qui nous intéresse qui doit fournir les remplaçant des BSR, RHM, RR et BSAD. Le troisième et dernier est le programme BIS qui vise à remplacer les BATRAL.

Le Fauteuil a un projet de longue date : fusionner les programmes BATSIMAR, BIS et BSAH !  La perle rare ne l’est pas vraiment et un navire existe qui aurait les capacités de remplacer P400 et Floréal (endurance, rusticité et plateforme/hangar pour voilure tournante) ainsi que les navires de remorquages et de dépollutions sans oublier des capacités amphibies sommaires mais salvatrices ! Ce navire c’est l’UT 527 (en illustration) de Rolls-Royce Marine :

 » Les navires du type UT sont donc très polyvalents. « Ils sont robustes et très marins, pouvant naviguer dans de fortes mer et longtemps, grâce à une importante autonomie », souligne David Bricknell. Rolls-Royce met d’ailleurs en avant ces capacités auprès de la marine française, pour laquelle il propose le UT 527 dans le cadre du projet BSAH. Les réflexions se poursuivent, en effet, pour trouver un successeur aux Bâtiments de Soutien de Région (BSR), Remorqueurs de Haute Mer (RHM), Remorqueurs Ravitailleurs (RR) et renouveler le dispositif de Bâtiment de Soutien, d’Assistance et de Dépollution (BSAD), actuellement assuré sous le régime de l’affrètement. »

 » En mars 2006, le Service des Programmes Navals (SPN) lançait une étude technico-opérationnelle (ETO) pour le stade préparatoire du programme du bâtiment d’intervention et de souveraineté (BIS). Ce type de navire doit prendre la relève des Bâtiments de Transport Légers (BATRAL) et du patrouilleur austral Albatros, mis en service entre 1967 et 1987. Rolls-Royce s’est, immédiatement, intéressé au projet, et se positionne avec les UT Design, vendus dans le monde entier pour les services à l’offshore et le remorquage (comme l’Abeille Bourbon – UT 515). Pour assurer la relève des Batral et de l’Albatros, le groupe britannique propose une version « militarisée » de ces navires, le UT 527 : « Le Batral est une barge de débarquement. Or, le UT 527 présente une rampe arrière permettant la mise à l’eau d’embarcations. Ces navires sont, de plus, aptes à remplir des missions de remorquage, de sauvetage, de lutte contre les incendies, de lutte antipollution ou encore de transfert d’équipements », explique Stéphane Downes, directeur de Rolls-Royce Naval Marine pour la France, l’Italie, l’Espagne et l’Afrique. D’une longueur de 92.40 mètres pour une largeur de 18 mètres et un déplacement de 1800 tonnes, le UT 527 dispose d’une autonomie très importante. Le bâtiment peut, en effet, couvrir une distance de 20.000 nautiques à 16 noeuds, sa vitesse maximale étant donné à 20 noeuds (puissance propulsive de 10.600 kW). Le navire est également équipé de propulseurs d’étrave et azimutaux. « 

[…]

Le UT 527, qui dispose d’un petit radier à la poupe, présente également une plateforme pour un hélicoptère lourd, mais pas de hangar. Pour le remorquage, sa traction au point fixe est de 130 tonnes, soit une capacité équivalente au Bâtiment de soutien, d’assistance et de dépollution (BSAD) Argonaute (UT 710) et légèrement moins importante que l’Abeille Flandres (160 tonnes). Très automatisé, le navire ne nécessite que 12 hommes d’équipage, dont trois en passerelle, mais dispose de logements importants, permettant d’accueillir 320 personnes. Basés prioritairement outremer, les BIS, qui pourraient être inscrits dans la prochaine loi de programmation militaire (2008 – 2013) devront, selon le ministère de la Défense, fournir « d’une part, les moyens de soutenir des opérations interarmées de logistique, de renseignements et de transport de troupes et de matériels, et d’autre part, les actions de souveraineté et de défense de l’Etat en mer, principalement outre-mer dans les approches maritimes et dans les zones économiques exclusives rattachées aux DOM-TOM. Ils devront également participer aux missions de soutien humanitaire de la France, notamment par le transport de matériels et de personnels ». La marine souhaite que les BIS soient capables d’accueillir, de transporter et de soutenir un sous-groupement tactique interarmées (SGTIA) ou un élément de gendarmerie équivalent à une compagnie de 120 hommes avec armement, munitions et véhicules (20 véhicules dont certains blindés). Les six unités prévues remplaceraient, entre 2013 et 2018, l’Albatros et les quatre Batral encore en service, le Champlain ayant été désarmé en 2004. Le BIS pourrait également être retenu pour remplacer les patrouilleurs du type P 400, dont le désarmement est prévu au début des années 2010.

L’UT527 est LE navire apte à remplir la majeure partie des missions des navires existants et devant être remplacés par les programmes BSAH, BATSIMAR et BIS. Une redéfiniton devra s’opérer pour tenir compte des manquement à l’appel de certaines capacités. Le choix de la polyvalence est heureux si les unités sont nombreuses, le conjoncture permet de l’assurer. La polyvalence c’est aussi être « bon en tout, excellent en rien », il faut en tenir compte.


De plus, une telle commande « massive » de ces navires assureraient une économie d’échelle fabuleuse que, proportionnellement, même le programme FREMM n’aurait pas pu réaliser. Une partie de ce programme unique se financerait avec les gains d’équipage et de maintenance. Cette dernière est un grand sujet puisque l’amiral Forissier a proposé de « décentraliser » la maintenance. Pour ce faire il propose de sélectionner les navires selon leur motorisation afin qu’elle soit en adéquation avec celle du motoriste régnant dans la future zone d’opération du navire ce qui permettrait de profiter des capacités locales de MCO et éviterait ainsi de faire déplacer le navire en métropole.

Il faut préciser une chose : une telle commande à des chantiers… britanniques nécessiterait des contreparties ! A moins que l’Etat se contente d’acheter le dessin du navire, bien que Rolls-Royce soit plus indiqué pour une constrution en série. En effet, le chantier anglais en a tout de même l’habitude… Par contre le constructeur de la navale britannique a certainement une qualité que DCNS a développé très vite depuis la privatisation de son statut : inclure des pénalités dans le contrat « au cas où » l’Etat ne remplirait pas ses engagements.

Qu’est-ce qui est proposé à la Royale ? Premièrement de respecter les principes colbertistes essentiels : une marine se construit sur des classes de navire standardisées selon les fonctions. Deuxièmement de fournir en quantité nombreuse un « navire couteau-suisse » apte à remplir toutes les missions de l’Etat en mer, ce qui n’est pas rien. Il serait intéressant de voir si ce projet voit juste. Il le sera peut être pour les BIS ce qui nécessiterait de constituer une « sous-classe » plus grande.

Enfin, cette flotte permettrait à la Royale d’avoir avec les navires de la fonction garde-côtes ce qu’elle ne peut avoir avec sa flotte de frégates : une présence mondiale de moyen d’intervention. Le patrouilleurs actuelle est l’équivalent de la « frégate » du XVIIIe siècle : c’est un navire de permenence navale dédié à la sécurisation des communications en vue de protéger les zones économiques exclusives afin d’en assurer le blocus de toutes présences étrangères non-autorisées.

Néanmoins cette possible future flotte nécessitera tout de même un réseau de surveillance adéquat !

La conséquence heureuse serait que les frégates de la Marine Nationale pourraient entièrement se consacrer aux missions d’une Marine de Guerre.

Je soumets à votre lecture un numéro de la chronique (Chronique de Stratégie et Tactique navale : fonction garde-côtes, marine côtière et forces de haute-mer) publié sur le Portail des sous-marins et décrivant ce que je considère être la possible intéraction entre la Marine Nationale et la fonction garde-côtes.

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